Le camerounais

Le camerounais est quelqu’un de très particulier, je me permets de dire le camerounais ici, car malgré la diversité des langues et des cultures, il y a des choses qui sont propres aux camerounais.
Ça me fait penser d’ailleurs à une vieille blague qui dit: lorsque le bon Dieu a créé la terre et reparti les richesses du sol, du sous sol et les climats, il a fait une erreur en réunissant les meilleures conditions dans un seul coin. Ce coin c’est le Cameroun avec la mer et la montagne; la jungle, la savane et le désert; un sol fertile et un sous sol très riche. Devant le fait accompli, il se devait de réparer une telle injuste alors il créa le camerounais.. C’est ainsi que cette région du monde s’en est retrouvé équilibré voir même désavantagé par rapport au reste du monde..
Alors quelles pourraient être les particularités propres au camerounais ? bien que n’étant pas sociologue, je pense pouvoir en décrire quelques unes. En premier, je pense à ce sens de l’humour et de la répartie qui est assez extraordinaire et qu’on retrouve partout où il y a des camerounais. Ensuite à cette très très faible culture de l’aventure, qui fait que le camerounais n’aime pas sortir de sa zone de confort. C’est peut être ce qui fait la grosse différence avec camerounais qui rentrent au pays. Le fait de toujours rester dans sa zone de confort entraîne des conséquences comme la recherche permanente de la facilité, la faible culture du travail etc..
Je termine par le trait le plus marquant selon moi, le camerounais adore faire la fête en toutes circonstances, il n’y a qu’à compter le nombre de jours fériés et de pont par année pour s’en apercevoir. Ça le rend très sociale et ça fait qu’il y a beaucoup d’interactions entre camerounais, comme si on se connaissait tous.
J’aime bien tous ces aspects et je reste optimiste pour le Cameroun malgré la petite légende sur la création du monde et du camerounais.

Coming back to my roots

J’écris ce billet pour raconter mon ressenti depuis mon retour au Cameroun.

J’ai grandi au Cameroun avant d’aller vivre en France pendant 6 ans. J’étais déjà allé plusieurs fois en France en vacances mais y vivre c’est très différent. La première fois que je suis revenu au Cameroun c’était au bout de 3 ans.

Bien évidemment j’avais conscience de la différence de développement entre les deux pays mais surtout j’ai pris conscience de toutes les opportunités que je peux avoir au Cameroun que je n’aurais jamais en France. Je ne veux pas vous dire que je suis rentré au Cameroun reproduire ce que j’ai appris en France, ce serait une erreur selon moi. Mais le fait est que le Cameroun a des particularités et l’assimilation des colons n’a pas été réussi. Est ce que je conseille à ceux qui sont à l’étranger de revenir au pays ? C’est au cas par cas, mais ils doivent faire de leur vision des choses un atout.

C’est à ça que servent les voyages, à avoir une autre vision du monde. Je suis souvent confronté au problème des mentalités, « les camerounais ont une mauvaise mentalité », « le Cameroun c’est le Cameroun », « on va faire comment ? ».. Je ne suis pas un leader de pensée, je dois aussi apprendre à composer avec la mentalité de ceux qui m’entourent et c’est un apprentissage qui est long, croyez-moi.

Suis-je content d’être rentré ? Oui, car c’est quoi mon rôle dans la vie à part être riche, avoir une piaule à Miami Beach, aider sa mère et l’aimer..? Je pense que j’ai plus d’opportunités pour y arriver arriver au Cameroun et j’espère que l’avenir me donnera raison.

La corruption au cameroun

La corruption dans sa définition la plus simple est l’abus d’un pouvoir confié à un agent public en vue d’un  gain personnel ou pour le bénéfice d’un groupe auquel il doit allégeance. Ce qui implique bien sur le détournement des deniers publics, les abus de fonction, la fraude, la contrefaçon etc..
Le Cameroun a longtemps figuré en tête des pays les plus corrompus dans le monde. Il faut savoir que l’indice de perception de la corruption qui classe les pays est fait grace à des enquêtes auprès des hommes d’affaires, d’analystes de risques et d’universitaires résidant dans le pays ou à l’étranger, les résultats sont donc à prendre avec des pincettes car les marges d’erreurs peuvent être importantes.
Au dernier classement le Cameroun obtient une note de 27/100 et se classe 136éme mondial. Il n’y a pas de quoi être fier bien évidement.
On distingue deux catégories de corruption, celle pratiquée chez les petits fonctionnaires mal payés et celle par des agents publics de haut niveau.
Sur le plan économique, la corruption pratiquée par les petits fonctionnaires s’explique par le fait qu’ils ne sont pas assez bien payé et ont du mal à joindre les deux bouts mais les personnes qu’ils escroquent surement aussi !
Il y a aussi une cause socioculturelle, en effet une grande partie de la population ayant un faible niveau d’éducation, elle n’a pas conscience de ses droits, ni de la gratuité du service public et trouve normal de payer.
On est victime de la corruption quotidiennement que ce soit lors d’un contrôle de police ou lorsque l’on doit payer une commission pour obtenir de l’argent dans son propre compte épargne.
Au delà des conséquences économiques, ici, c’est surtout des habitudes de comportement qui sont prises. La jeunesse est matérialiste parce qu’elle a le sentiment que tout s’achète et à raison je pense. Surtout, ce sont toujours les mêmes qui en profitent, pour caricaturer, un haut fonctionnaire détourne des dizaine de millions, vit une vie luxuriante, en fait profiter ses proches qui répètent le même schéma. C’est l’opposé du rêve américain, si tu es « mal née » les chances d’être aisé sont nulles.
La solution pour faire évoluer les mentalités est assez simple mais elle nécessite beaucoup de courage, le fait que les fonctionnaires continuent de détourner les deniers public est dû à l’impunité, la part de ceux qui ont été arrêtés est bien trop faible comparée à ceux qui en sont coupable au vue de tous.
Il faudrait une vraie campagne de lutte contre la corruption dont l’enquête doit commencer chez les hauts fonctionnaires, parce que l’exemple doit venir d’en haut. De plus, il faut taper là où ça fait mal, c’est a dire dans le porte feuille. Certains fonctionnaires traduits pour corruption ont gardé leur argent malgré des peines de plusieurs dizaine d’années, le plus important reste l’argent des camerounais.
L’évolution des mentalités va être encore très longue, sans parler du fait que je compte autour de moi ceux qui le souhaite vraiment.

#BHLEAVE

J’écris cet article au moment où l’actualité de Boko Haram est brûlante. Au départ, quand j’ai entendu parler de Boko Haram, je ne me suis pas inquiété plus que cela, après tout, le Cameroun a mené une guerre pendant de nombreuses années à Bakassi sans que cela n’affecte mon quotidien dans la capitale.

Dans le contexte actuel et devant l’ampleur des attentats, je comprends bien que la guerre contre la secte Boko Haram est une toute autre paire de manches.

Mais qu’est-ce que Boko Haram ? C’est une organisation terroriste qui est aussi qualifiée de secte, elle a été fondée en 2002 et a pour but d’appliquer la charî’a. Après l’exécution de leur chef en 2009 Mohammed Yusuf, le mouvement s’est intensifié sous la direction d’Abubakar Shekau et se serait fait connaitre en 2011 lors de l’attentat contre les bâtiments de l’ONU à Abuja.

Boko Haram est née dans les régions du nord du Nigéria, qui est pauvre comparé au sud, le sentiment d’injustice, la pauvreté et la corruption font des jeunes de ces régions des adeptes faciles pour la secte Boko Haram. En fait on sait très peu de chose sur cette armée, certaines sources dénombre autour de 10 000 membres, d’autres 30 000. Ce qui nous pousse à nous demander d’où viennent les fonds pour financer une telle armée ?

Les hypothèses les plus plausibles disent que le financement de Boko Haram provenait de politicien du sud du Nigéria mais cela reste très flou, d’autant plus que ça n’indique pas d’où  provient l’armement lourd dont Boko Haram dispose (Chars de guerre et fusils d’assaut).

L’autre question qui me vient ensuite est comment s’organise la lutte contre la secte islamique ? À quoi cela a-t’il servi que les chefs d’États africain se réunissent à Paris pour déclarer la guerre à Boko Haram ? Car visiblement, les choses n’ont pas beaucoup évolué.

Alors les infos rapportent régulièrement des batailles gagnées par l’armée camerounaise mais qu’en est t’il de l’armée nigériane ? Est-ce qu’elles ont une stratégie commune avec l’armée tchadienne aussi ?

Les conséquences de ce conflit sont importantes pour les régions du nord et de l’extrême Nord, la période de  la saison sèche est propice au tourisme, ce qui est impossible avec un tel climat d’insécurité et je n’imagine même pas dans quel terreur ces populations vivent.

L’autre jour, dans le taxi, la radio donnait des nouvelles du front, on y apprenait la destruction de 13 villages et la mort de 2000 personnes due à Boko Haram. Le taximan visiblement très touché par cette histoire, me dit que l’on devrait faire une marche pour soutenir l’armée camerounaise. C’est une idée que je trouve très bien et je me rend compte que le faible soutien apparent à la lutte contre Boko Haram est en grande partie dû au manque d’information sur ce qui se passe réellement au Cameroun et à nos frontières.

L’idée est simple, chacun en parle autour de lui, afin que le maximum de gens en prenne conscience, et qu’enfin, une personne qui a les moyens d’agir décide de le faire. Parce que ce soit Goodluck Jonathan ou Paul Biya, ils n’ont pas de pression par rapport à cela et c’est bien ça le plus grave.

Les soutiens et les prières au Nigeria commencent à se faire entendre comme Nicky Minaj mais ce serait plus efficace si elles venaient des Nigérians, surtout en cette période électorale.

C’est un sujet qui est difficile à traiter avec un seul article, je pense y revenir dans un autre article avec des perspectives plus réjouissantes.